Stéphanie Dumas prend la direction du lycée professionnel du Blavet à Pontivy avec une conviction forte : les élèves doivent devenir acteurs de leur scolarité. Son arrivée marque un tournant dans la manière d’envisager l’apprentissage et la vie scolaire. Quels leviers concrets pour mobiliser les jeunes dans leur quotidien ? Éléments de réponse.
Mobilisation des élèves : une nouvelle dynamique au lycée professionnel
À la rentrée 2025, le lycée professionnel du Blavet accueille 289 élèves, contre 250 l’année précédente. Une progression qui réjouit la nouvelle cheffe d’établissement, notamment sur la section transition numérique et énergétique. Ce succès illustre un besoin réel : celui de donner du sens aux apprentissages.
Pour Stéphanie Dumas, la mobilisation des élèves ne se décrète pas. Elle se construit avec eux, au plus près de leurs préoccupations. Son pari ? Transformer le lycée en un espace où chacun trouve sa place et ses raisons de s’investir.
La concertation comme moteur de l’engagement scolaire
Ancienne enseignante d’EPS, Stéphanie Dumas privilégie le dialogue. Elle s’inscrit dans la continuité du travail de son prédécesseur, mais avec une idée claire : écouter avant d’agir. « Quand on arrive, il faut prendre la température », confie-t-elle.
Cette écoute s’étend aux élèves. Les équipes pédagogiques et la vie scolaire travaillent ensemble pour construire des solutions adaptées. Les jeunes sont consultés sur les règles de vie, les activités proposées, le fonctionnement du lycée. Cette pédagogie participative crée un climat de confiance propice à l’implication des élèves.
Résultat : les élèves se sentent concernés par leur environnement quotidien. Ils ne subissent plus les décisions, ils y participent. L’engagement scolaire s’en trouve renforcé, car chacun comprend pourquoi et pour quoi il agit.
Environnement quotidien : un terrain d’apprentissage à part entière
Stéphanie Dumas l’a bien compris : l’environnement dans lequel évoluent les jeunes influence directement leur motivation. Plutôt que de le subir, elle choisit de l’exploiter comme un outil pédagogique. Le lycée devient un lieu d’expérimentation, pas seulement un lieu de passage.
Cette approche rejoint les travaux de recherche menés par Stéphanie Dumas Reyssier, docteure en sciences de l’éducation. Ses travaux portent sur l’approche écologique du comportement motivé et les environnements informatiques gamifiés. Autrement dit : comment le cadre matériel, social et numérique agit sur la motivation des élèves.
Le sport et la culture pour renforcer l’apprentissage actif
Fort de son passé d’enseignante d’EPS, Stéphanie Dumas compte miser sur le sport et la culture pour favoriser le bien-être des élèves. Elle a même libéré son mercredi après-midi pour être disponible pour les internes. Son objectif : leur proposer des activités sportives et culturelles variées.
L’éducation innovante passe aussi par l’ouverture. Plusieurs sorties au théâtre et au cinéma sont en cours de validation. En mars, une troupe de théâtre viendra présenter un spectacle sur l’égalité entre les femmes et les hommes. De quoi nourrir la réflexion et élargir les horizons.
Ces initiatives ne sont pas anecdotiques. Elles participent à la construction d’un apprentissage centré sur l'élève. En touchant le corps et la sensibilité, elles redonnent du goût à l’école. La motivation des élèves s’en trouve directement renforcée.
Le téléphone portable : un chantier éducatif majeur
L’interdiction du téléphone portable à l’école représente un défi de taille. Plutôt que la répression, Stéphanie Dumas choisit la pédagogie. « Ce sont des jeunes nés avec le téléphone », rappelle-t-elle. Un constat simple, qui appelle une réponse adaptée.
L’objectif n’est pas de punir, mais de faire comprendre. Travailler avec les élèves pour imaginer des usages différents. Les équipes réfléchissent notamment à l’installation de stations informatiques. Ainsi, les jeunes peuvent consulter les applications scolaires sans recourir à leur téléphone personnel.
Réapprendre l’usage des écrans ensemble
La question touche aussi les adultes. Les enseignants et les parents doivent réinterroger leurs propres pratiques. Stéphanie Dumas parle d’une « éducation à recalibrer ». Une formule qui dit bien l’ampleur de la tâche.
- 📱 Repenser la place des écrans dans le temps scolaire
- 🛠️ Proposer des alternatives concrètes aux élèves
- 🤝 Impliquer les jeunes dans la recherche de solutions
- 🎯 Valoriser les moments d’échange hors écran
- 🏫 Créer des espaces dédiés pour les besoins numériques
Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de l’éducation innovante. L’enjeu n’est pas de diaboliser l’outil, mais de l’intégrer intelligemment. Les élèves doivent comprendre les enjeux, pas subir une règle incomprise.
Implication des élèves : des filières tournées vers l’avenir
Avec ses filières majoritairement masculines, le lycée professionnel du Blavet doit aussi relever un défi : attirer davantage de filles. Stéphanie Dumas le reconnaît : les métiers du bâtiment restent historiquement masculins. Mais les choses bougent.
La section transition numérique et énergétique, en plein essor, séduit un public plus diversifié. C’est un signe encourageant. Les jeunes d’aujourd’hui cherchent des formations en phase avec les enjeux contemporains. Et ils sont prêts à s’impliquer quand le projet leur parle.
Une recherche au service de la pratique éducative
Le parcours de Stéphanie Dumas Reyssier ne s’arrête pas à la direction d’établissement. Ses travaux de doctorat sur les environnements informatiques gamifiés et la motivation ont nourri sa réflexion. La co-conception d’outils numériques avec les enseignants a montré que l’apprentissage actif passait aussi par le jeu.
Rien n’est imposé d’en haut. Les outils sont construits avec les utilisateurs, enseignants et élèves. Cette méthode, éprouvée dans le cadre universitaire, se retrouve au lycée du Blavet. La concertation n’est pas un simple mot : c’est une pratique quotidienne.
L’implication des élèves se cultive par la confiance. Leur donner la parole, les associer aux décisions, leur proposer des expériences variées : voilà les vrais leviers de la motivation. Et c’est exactement ce que Stéphanie Dumas entend mettre en œuvre.
Mobiliser les élèves, c’est leur rendre une place d’acteurs. Dans leur apprentissage comme dans leur environnement quotidien, ils doivent sentir que leur avis compte. Stéphanie Dumas le prouve par son action : toute pédagogie qui place l’élève au centre produit des effets durables.

Mohamed a passé dix ans dans la presse spécialisée éducation avant de passer au conseil en orientation. Il suit de près les réformes du bac, les filières en tension et les nouveaux métiers avec un regard terrain. Son objectif : rendre les parcours complexes lisibles pour les jeunes et leurs familles.